Route vers le parc Nakuru

jour 2

Debout à 6H après une sale nuit (Ilona et moi avons eu de grosses crampes d'estomac et la diarrhée). Aurions nous abusé du jus de mangue?

Départ 7H. Nous avons une petite forme mais sommes motivées pour notre 1er safari, notamment par l'espoir qu'offre le parc Nakuru d'observer des rhinocéros, flamants roses et ... si la chance nous sourit, un léopard.

 

Nous longeons les immenses serres de Naivasha qui emploient 60 000 personnes. C'est ici que sont cultivées les roses; eh oui, les roses de votre St-Valentin viennent du Kenya!

La bonne nouvelle c'est que ça fait vivre un bon nombre de familles mais inversement il y a polémique quant à la surexploitation de l'eau du lac...

 

Puis nous empruntons la toute nouvelle route 101 construite par Colas, route qui traverse 7 pays jusqu'à Abidjan.

La circulation est dense et dangereuse. Les camions dépassent à tout va sans aucune visibilité, nous foncent dessus en faisant des appels de phare afin que NOUS, sur notre voie, freinions ou nous mettions sur le bas côté.

Bas côté fréquenté par les vélos, piétons, animaux ou encore bas côté crevasse!

J'admire le calme et la concentration de Daniel.

-"ah tu sais chère amie, me dit-il, c'est ça ou on m'enterre la semaine prochaine, c'est la loi du plus fort"

D'ailleurs nous croisons un camion couché sur le côté, en travers sur la voie inverse.

Je pense à ma maman qui serait au bord de la crise cardiaque!!!

Nous longeons le lac Elementaita, lac salé,  donc le nom veut dire zigzag en Massaï, dépassons les désormais traditionnels marchands de pommes de terre, oignons, carotte et ... sel!

Le sel provenant du lac sera mélangé au fourrage pour le bétail.

Ce qui est choquant et déplorable, c'est la saleté, partout le long des routes. Des bouteilles PET au sol, des sacs plastiques accrochés dans les épineux et poules, chèvres et vaches essaient de trouver un peu de nourriture sur les tas d'ordures.... Quelle tristesse!

Pourtant dans certains villages on a été surpris par la propreté. Ce n'est donc qu'une histoire d'éducation!

Nous avons même vu 2 jeunes filles qui ramassaient les détritus ...

Quel bel exemple que le Rwanda, où nous étions en 2014, pays à la propreté irréprochable ou les sacs plastiques sont interdits!

Safari au parc Nakuru

 

Au bout d'environ 1H30 nous arrivons au parc

Nakuru (qui veut dire poussière blanche en Massaï).

Daniel règle les entrées, ouvre le toit du minibus, nous dit que nous pouvons rester debout si nous le désirons car dans les réserves la vitesse est limitée à 30-40 km/H max.

Nous soulevons notre 1er nuage de poussière et mon coeur exalte de bonheur! Enfin en brousse!

Lorsque je me tourne vers Ilona, derrière moi, j'aperçois que ma nièce est très émue aussi: une grosse larme coule sur sa joue...

 

Daniel repère très rapidement 2 rhinocéros blancs. Ces derniers se mêlent à un groupe de buffles. Les rhinos blancs sont gris comme les noirs, la différence étant au niveau de leur régime alimentaire ainsi que sur quelques points physiques, notamment au niveau des lèvres, larges pour les blancs, pointues pour les noirs.

Les rhinos blancs ont une bosse sur la nuque, se nourrissent d'herbe, alors que les noirs mangent des feuilles.

Les blancs sont plutôt "sympas" alors que les noirs ont une réputation de belliqueux.

Il n'y a plus de rhino blancs en Tanzanie!

Si vous êtes intéressés par les différences, allez voir par ici.

Un peu loin pour notre petit objectif, nous continuons notre "route", car il est bien entendu interdit de quitter la piste!

A peine quelques minutes plus tard, totalement à découvert, devant le lac, nous tombons sur 2 rhinocéros noirs.

Daniel nous demande alors:

"vous avez consulté un marabout en France?"

En effet nous sommes particulièrement chanceux! La chance du débutant pour Ilona!

Même s'il y en a peu, nous tentons de nous approcher des flamants roses.

Suite à la reforestation, sous Mitterrand dans les années 80, les rivières reviennent, dixit Daniel. Le lac déborde! Et moi qui croyais qu'il manquait d'eau, tout autour, 2 à 3 km de pistes sont sous la flotte!

Les flamands ne trouvent plus de nourriture et sont allés au lac Bogoria, plus au Nord.

Afin d'éviter de nous enliser, nous sommes autorisés à sortir du véhicule et à faire quelques pas, en faisant bien attention aux buffles à proximité.

Nous poursuivons sous ce beau ciel bleu et ensoleillé.

Rencontrons cet aigle pêcheur à l'affut sur un acacia jaune.

Et ces zèbres qui n'en finissent pas de me charmer.

Ici les arbres ont eu les pieds dans l'eau et sont morts à cause du sel.

 

Daniel qui connait bien le léopard entame une montée carabinée sur un monticule rocheux, mais le félin ne se montrera pas.

Ni les lions d'ailleurs, qui ont la particularité de monter aux arbres (pour échapper aux moustiques) uniquement dans cette région. 

 

C'est bien dommage....

Et voici la seule girafe de Rotschild que nous verrons en liberté. Elles sont gravement menacées.

Nous les verrons plus tard, à Nairobi, en captivité dans l'orphelinat des girafes.

Les girafes de Rotschild ont la particularité d'avoir des chaussettes blanches.

 

 

et voici à gauche, les tâches

d'autres espèces que nous n'avons pas eu le loisir d'observer, comme la girafe réticulée, très menacée, que l'on peut apercevoir au Nord du Kenya.

Mais nous croisons des élands du Cap, des Thomy (c'est ainsi que nous avons rebaptisé les gazelles de Thomson), des impalas, des babouins.

Nous avons beaucoup de mal à différencier les gazelles et antilopes.

Notre chauffeur s'arrête dès que nous sommes assez proches et nous interroge :

-"Ilona, c'est quoi cette gazelle s'il te plait"?

Grimace de l’intéressée: "-euh..."

-"Stéphane?"

-"gazelle de Brant"? Répond ce dernier, incertain...

Grand éclat de rire de Daniel:

-"non cher ami, gazelle de Brant ça n'existe pas, c'est gazelle de Grant, plus "grant" (grande) que la gazelle de Thomson, mais ce n'est pas la bonne réponse. Regardez ses fesses, il y a écrit "M". Corinne?"

-je propose :"des impalas?"

-"oui, très bien, merci, asante sana!" (merci beaucoup)

 Ilona me tire la langue: "fayot!"

 

Nous nous regardons en riant sous cape : il va falloir réviser les gazelles ce soir au camp!

Chose faisable avec le petit fascicule offert par African Quest dans lequel sont répertoriés les animaux avec leur photo et leur nom en français. Une aide précieuse (que j'utilise encore aujourd'hui pour être sûre de ne pas vous raconter de conneries!)

Aïe, nous voici à nouveau face à un bel inconnu...

c'est un magnifique cobe defessa

(bien entendu il a été rebaptisé cobe à 2 fesses)

Puis nous nous rendons au point de vue.

Steph et Daniel en grande discussion;

ça doit causer bagnoles..

Le minibus est bridé 80 km/H. Si le chauffeur insiste et dépasse la limite, le limitateur de vitesse envoie un bibip afin d'avertir par son.

S'il insiste encore le moteur finit par se couper!

 

Au bord du lac, juste en dessous, un hippopotame et quelques Thommy.

Nous quittons doucement les lieux et nous dirigeons vers la sortie.

Il est midi, le FISH EAGLE CAMP nous a préparé un repas à emporter ce matin.

Il y a des coins pique-nique bien aménagés, mais.... un peu trop fréquentés à notre gout.

Non non, n'imaginez pas 4X4, minibus et une horde de touristes, vous n'y êtes pas du tout.

Nous sommes attendus par la famille babouin.

 

Ils sont nombreux mais surtout ils sont  malins, organisés, rapides et particulièrement efficaces ! Nous passons notre chemin!

Repas picnic dans une duka

Daniel nous emmène dans une duka (boutique) qui nous met WC, table et chaises à disposition, accepte les repas tirés du sac à condition que nous consommions des boissons et/ou achetons une babiole.

Nous sympathisons rapidement avec la vendeuse.

Elle parle quelques mots de français, je lui répond en swahili, la voila qui se tape les mains sur les cuisses:

-"you speak swahili!! (tu parles swahili), where did you learn"? (où as tu appris)

-"kidogo" (un peu) je lui répond et chaque mot que je prononce la rend hilare!

Et elle roule de grands yeux noirs quand je lui dit que j'ai appris sur internet.

Je lui montre un petit carnet (en vérité un répertoire dans lequel j'ai inscrit quelques mots par ordre alphabétique).

Elle a l'air vraiment scotchée qu'une touriste puisse s’intéresser à sa langue.

Et ce sera ainsi tout au long du séjour.

Ainsi combien de fois des serveurs nous ont pris en sympathie, combien de fois on a fait rire les Kényans,  combien de fois aussi ont ils été émus lorsque nous avons prononcé la phrase:

"nime furahi kukutana na wewe" (je suis heureux(se) de t'avoir rencontré)

Grâce à Daniel nous avons également appris que mambo était un salut plus amical que jambo.

Et nous avons été si heureux et fiers

d'avoir provoqué un sourire, un rire,

une surprise, de la sympathie, bref une émotion!

Dans un carton de notre lunch-box, nous laissons quelques oeufs durs, chips et cuisses de poulet non touchées et quittons la boutique sans achats (il y a beaucoup de sculptures en bois, de peintures sur toile, de colliers Massaï, etc... mais lors de nos visites précédentes dans ce pays nous avons fait le plein); la vendeuse n'est pas fâchée et nous salue longuement de la main alors que sa silhouette disparait dans la poussière lumineuse....


Nakuru ville

4ème plus grande ville du pays, Nakuru valait un petit détour.

Certaines maisons sont quasi accolées au parc et on comprend mieux pourquoi la clôture est électrifiée à cet endroit, et même si ce n'est pas glamour, on imagine aisément qu'en tant que parent on n'aimerait pas que son enfant (ou soi-même) soit face à un buffle ou à un lion.

 

Cependant sur la route qui mène à notre camp, en direction de Naivasha, nous verrons encore beaucoup de babouins, gazelles et zèbres, totalement libres de leurs mouvements..

 

Vers 15h30, à la sortie des écoles, nous admirons les petits groupes d'écoliers en uniforme sur le chemin de la maison.

Daniel nous apprend que les enfants font du sport tous les après-midi. C'est obligatoire, et ils ont du mérite sous ce soleil de plomb !

Vous savez maintenant pourquoi les Kényans sont si bons aux J.O. !! Et pourquoi nous ne verrons pas d'obèses dans ce pays!

L'école primaire est gratuite et dans le futur le secondaire le sera aussi.


En route vers Narok

Jour 3

Le lendemain matin 8H00 (grasse mat !)  nous prenons la route vers Narok.

Nous repassons devant le cratère du Longonot; à côté du volcan, sur la colline Suswa a été trouvé Lucy, notre ancêtre.

Nous sommes en pays Massaï et à Suswa il y a juste 24 boucheries et partout des affiches de Nyama choma (brochette grillée, littéralement viande grillée), car c'est la nourriture principale des Massaï.

Le paysage nous semble plus aride et nous croisons des matatu (minibus collectifs hyper chargés, souvent bariolés de couleurs, roulant à vive allure) lestés de bidons, si ce n'est des enfants à pieds ou avec des ânes qui se rendent au puy avant les cours.

 

Daniel, chrétien, solide gaillard, les pieds sur terre, la tête bien vissée sur les épaules, ne craignant rien ni personne, nous raconte alors des anecdotes de marabout...

ANECDOTES DE MARABOUT:

voilà ce qu'il peut t'arriver si tu es infidèle: tu resteras bloqué lors de ton prochain rapport,

si tu as volé: tu resteras figé sur le seuil de la porte et la police n'aura qu'à te cueillir,        ou bien tu deviendras omnivore, c'est à dire que tu brouteras de l'herbe!

Alors à bon entendeur...

Et c'est dans la bonne humeur que nous nous rendons à Loïta Hills, au campement Maji Moto, chez les Massaï, un jour que j'attends avec ferveur depuis que j'ai préparé ce voyage!