Amboseli, au pied du Kilimanjaro

Jour 7 - sur la route Nairobi-Amboseli

Nous sortons du restaurant le Carnivore, le ventre bien tendu, pour nous avachir dans le minibus pour encore .... quelques heures de cette satanée route.

Le temps d'échanger avec Daniel.

A Nairobi, 70km2, nous passons devant Kibera, le 2ème plus grand bidonville d'Afrique après Soweto.... 

Alors que mes compagnons de route dorment, je reste les yeux rivés sur la route, en espérant qu'aucun camion va nous foncer dessus, et converse avec Daniel.

-"il y a jusqu'à 3'000 camions qui prennent cette route tous les jours, il y a beaucoup d'accidents et souvent c'est signalé avec des branches sur la route!" dit il en freinant devant un nouveau bouchon. Nous avançons avec une moyenne de 40 km/H.

 

Nous approchons du géant, mais le ciel se couvre et il commence à pleuvoir.

-"on voit un peu le sommet, demain il sera dégagé" nous promet Daniel que nous croyons sur parole!

Je m'étonne de ne jamais voir de cimetière.

-"oui, il y en a; à Nairobi, mais dans les villages l'homme est enterré devant la maison, à droite et la femme à gauche"!

"Et pour les ordures ça se passe comment, il n'y a pas de ramassage?" je demande en racontant la propreté exemplaire du Rwanda.

"uniquement en ville, répond-il, au Rwanda ils sont sérieux, ici les politiciens, pfff , laisse tomber !"

 

J'apprends qu'il est Kikuyu, que ses parents, anciens paysans ont 91 et 96 ans!

-"tu as des frères et soeurs?"

-"oui, on est une bonne équipe de foot, avec les remplaçants" répond-il,

"on est 13".

Et ça me ravie de savoir qu'un couple de Kényans ayant eu 13 enfants et ayant travaillé dur soit encore en vie après 90 ans!

Nous arriverons au Kibo safari camp d'Amboseli à 19H45, soit après plus de 5H de route pour 250 km.


Kibo safari camp

Calme luxe et volupté dans la brousse, le Kibo est magnifique et c'est de loin le plus beau camp où nous avons eu la chance de dormir.

La réception est très jolie et l'accueil feutré. Pour la construction ils ont privilégié les matériaux naturels, dont la pierre et le bois; et le rendu est juste sublime.

Après une bonne douche et une rapide installation dans notre tente, nous rejoignons le restaurant et sommes heureux de constater que nous ne sommes plus seuls au monde!

Le personnel est absolument charmant et tous les plats du buffet délicieux!

Après le repas nous nous regroupons autour du feu où une troupe de Massaï fait le show.

Un peu blasés après avoir vécu une expérience authentique à Maji Moto, nous observons le folklore ... et attendons sans surprise les propositions de photos contre argent ... ce qui ne tarde pas à arriver...

En lui montrant les vidéos de notre séjour avec les (vrais) Massaï de Loïta Hills, notre "rafiki" (ami) ci-dessus dira avec une mine dégoutée: "no good" (pas bon), ce qui nous fera beaucoup rire.


safari à Amboseli

Jour 8

Au lever du jour nous sommes un peu déçus: il fait gris. Nous partons à 7H30, dynamiques malgré tout, œil de lynx, toujours! Daniel est frais, dispo, souriant, la voiture est propre, comme d’habitude. Et c'est parti sur la piste des éléphants puisque c'est dans cette région que nous avons le plus de chance d'observer de gros troupeaux (jusqu'à 50).

Le paysage est très différent, beaucoup moins vallonné qu'au Massai Mara.

C'est pourtant assez vert, contrairement à notre dernière visite, en 2009, où nous n'avions vu que sécheresse et désolation avec hélas beaucoup d'animaux morts..

Nos premiers éléphants et le soleil qui apparait doucement. "la pluie c'est mauvais pour les éléphants, ils s'en vont", nous dit Daniel. Aucun espoir donc de voir de gros troupeaux...

Mais ce petit groupe de gnous avec des bébés.

Nous ne tarderons pas à voir d'impressionnants marécages, avec derrière, le Kibo et le Kilimanjaro fondus dans les nuages et un beau buffle, les pieds dans l'eau glacée.

Et dans ce plat pays, une butte ! De là haut, quel merveilleux point de vue pour admirer les éléphants avançant le ventre dans l'eau!

Quel spectacle féerique!

Et en redescendant, des grues couronnées et encore des éléphants!

En rentrant doucement vers le camp Daniel nous dit: "regardez un peu par ici, des fois il y a des hyènes" et en effet !

Ah il faut que je vous dise: Daniel sait imiter tous les cris d'animaux. Particulièrement le zèbre et la hyène! Et nous sommes très très fans X=D !

Trop mignons!


Il est 12H30, nous nous séparons jusqu'au prochain safari, à 16H30, le temps de déjeuner et de profiter de la piscine une petite heure... avant le retour de la pluie.

safari du soir

Le ciel est très chargé, ce qui accentue les couleurs et donne un contraste époustouflant.

Gnous, girafe, chacal et autruches.

Je suis particulièrement impressionnée par cet acacia parasol sur lequel sont suspendus des nids de tisserins. Et petite anecdote: en prenant la photo je n'avais pas remarqué qu'entre les nuages on voit un petit bout du sommet du Kili !!

A Amboseli c'est le paradis des oiseaux.

Nous essuyons quelques courts passages pluvieux, l'avantage étant d'être au sec malgré le toit ouvert et de ne plus avoir de poussière!

Quelqu'un pour m'aider? Comment s'appelle cet oiseau ci-dessus?

Toujours dans le registre oiseaux, ceux qui ne peuvent pas voler, comme ces autruches, en famille ! Et papa (noir) veille bien à ce que tous les petits suivent, il ira même vérifier une seconde fois quand tout le monde sera passé !

Différence entre les autruches:

Autruche Massai au cou et aux jambes "rouges", à la cuisse dégarnie, contrairement aux autruches de Somalie qui ont des plumes jusqu'à mi-cuisses.

Et puis soudain un hippopotame seul sort du marécage juste devant nous!

Et alors que le jour décline doucement...

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et croisons soudain une belle troupe d'éléphants.

Et même si ce n'est pas la première fois que nous les voyons, cette famille qui avance paisiblement vers nous me procure beaucoup d'émotion.

Ils me transmettent tant de sérénité à ce moment là que je me dis que cette image va rester gravée en moi et que plus personne dorénavant ne pourra me stresser.

Nous pouvons clairement entendre leurs grognements.

Voir, ou plutôt écouter la vidéo ci-dessous.


Ils se dirigent vers une petite palmeraie.

Comme Daniel, je ne peux m'empêcher de parler au magnifique spécimen devant nous:

"jambo tembo, tu es beau, prends bien soin de toi" et le pachyderme semble me regarder et écouter...

Nous regagnons le camp avec des sourires béas sur le visage,

un dernier regard sur le géant dégagé de nuages.

Et le soleil se couche dans la savane.

Au restaurant nous avons la chance de converser avec un serveur très sympa qui n'arrête pas de faire le clown. Comme souvent, il est surpris que nous parlions un peu sa langue.

En général on nous salue d'un amical

-"jambo" (bonjour), ou "jambo habari?" (bonjour, ça va?)

-"mzuri sana" (très bien) est la réponse traditionnelle, mais nous rajoutons alors:

-"na wewe" ? (et toi/vous?) qui a pour but d'élargir les sourires.

Lorsque nous commandons nos boissons:

-"coke mbili, maji baridi moja, tafadhali" (2 cocas, une eau froide SVP), il fait de gros yeux étonnés.

Et quand en se quittant nous lui disons:

-"ni me furahi kukutana na wewe"* il ne rigole plus du tout mais est ému....

*(je suis heureux(se) de vous/t' avoir rencontré)

 

Le lendemain matin nous aurons une surprise de taille!                  


Route vers le Tsavo avec une surprise

Jour 9 départ vers Tsavo

Départ à 7H avec les valises, ce qui nous fait à nouveau mettre le réveil très tôt, avant même le lever du jour... Nous fermons nos bagages avec la lampe frontale.

 

-"jambo chers amis, vous avez bien dormi? Nous accueille Daniel en rajoutant "on va essayer de gagner 130 km aujourd'hui en passant par la piste, je vais me renseigner pour savoir si elle est praticable après la pluie..."

Nous quittons le camp Kibo et à quelques mètres de là, en dehors du parc, au début du village, le ciel se dégage et SURPRISE : il a neigé sur le Kilimanjaro durant la nuit!!!

Mais ce n'est pas tout!   

-"Stoooopppp!  E-lé-phant" je hurle presque et m'en excuse auprès de notre chauffeur, "pardon Daniel, juste je suis tellement étonnés de les voir là, à quelques mètres du village!"

-"en effet, répond Daniel, ça faisait longtemps que je ne les avais pas vu ici"

Nous sommes seuls sur la piste, Daniel fait marche arrière afin que nous ramenions les plus belles prises de vue.

Ils sont quatre à briser les branches avec leurs trompes et à se nourrir.

En poursuivant nous rencontrons encore des girafes et sommes euphoriques devant tant de chance!

Quelques mètre plus loin... les premières cases du village.

Je me demande seulement comment Daniel arrive à conduire, nous ne pouvons quitter le sommet enneigé des yeux.

Et profitant d'un arrêt à la station essence, nous continuons notre reportage photo!

Nous tortillant dans tous les sens dans le véhicule, nous le suivrons sur des kilomètres.

Nous quittons Amboseli pour le Tsavo,

où ce sera notre dernier safari.

Lire la suite..