CAYO SANTA MARIA

Nous évoluons sur une des plus belle route de notre parcours: de sublimes paysages vallonnés s'offrent à nous, nous contournons l'Escambrey, les pâturages sont plus verts et les chevaux plus dodus.

 

En dépassant une charrue, Stef me dit soudain qu'il a envie de croquer de la cane à sucre. 

Nous nous arrêtons sur le bas côté et attendons que le paysan et son fils soient à notre hauteur.

Le Cubain, étonné par notre demande n'acceptera pas d'argent!!

Heureusement, nous avions encore quelques stylos dans la voiture, pour le gamin...

 

 

 

Préoccupés par l'état des animaux, dû forcément aux difficultés de la population, nous avons été particulièrement surpris de suivre cette charrue avec un chien qui ne courait pas à côté, mais était près de ses maitres, à l'intérieur, visiblement en bonne forme physique et heureux :=)

Nous traversons beaucoup de villages aux noms à consonance indienne, ce qui me ravit, moi qui croyais que les communautés indiennes se situaient plutôt au Sud, vers Baracoa.

Devant l'invasion espagnole il faut savoir que des villages entiers se sont suicidés, d'autres ont été tués, et d'autres encore sont morts d'épidémie, n'étant pas immunisés contre les maladies occidentales.

Ainsi les indiens auront totalement disparus en moins de 50 ans...

traversée du pedraplen

Et puis nous arrivons au bout du bout, mais avant de quitter "la terre ferme", il y a un petit passage obligé, un check-point où l'on contrôle les passeports.

Le passage est payant : 2 CUC.

A noter que nous avons entendu plusieurs fois que les Cubains étaient interdits de Cayo pour la "simple" raison qu'il y aurait un risque qu'ils exilent....

Je n'arrivais pas à imager cette route appelée pedraplen qui relie Cuba aux Cayos et j'avais vraiment hâte de voir ça!

 

40 kilomètres sur la mer!!!

QUA-RAN-TE !!!

 

Au début je mitraille par la fenêtre (il est difficile de s'arrêter), toutes mes photos étant bien évidemment de travers et/ou floues... Et puis ...lassée j'attends et je compte...

Km 18.... Km 31....etc...

Tiens de la mangrove? Jooooli...

Et puis un chien ... tout seul... Et mon estomac qui se tord... Mais que fait-il là? Sous le soleil brûlant? Même pas d'eau douce... Pas d'habitations.

Quelle angoisse. Je sais bien que je ne peux rien faire, que je ne peux pas sauver le monde, mais ma gorge se serre... J'ai si mal...

En atteignant le km 40 quelques panneaux signalent des hôtels. J'ai une réelle appréhension.

Après le cocon familial en casa, je ne suis carrément pas pressée de retrouver la modernité d'un all inclusive avec tous les points négatifs que cela implique (je développerai plus tard, car j'aurai hélas raison).

l'hôtel cayo santa maria

Notre hôtel porte le même nom que l'île de 16 km de long. Mais nous allons bien sûr nous tromper, débarquer à l'hôtel Playa Santa Maria, rendre le personnel fou (il ne trouvera pas notre réservation) jusqu'à ce que je leur montre un mail ....

Oups... bon ben désolés. merci, au revoir! Et de recharger les bagages.

 

 

A notre arrivée à bon port, cette fois, barrière, portier, parking, grand hall carrelé, marbré, aseptisé, et des touristes qui font la queue devant un check-in.

On nous octroie une chambre correcte, avec un supplément pour bénéficier de la vue mer (petit luxe que nous n'avions jamais sur le séjour, pour finir en beauté). Tout y est: grand lit, belle salle de bains, sèche-cheveux, clim, cafetière, mini-bar, balcon....

 

Mais le bâtiment est moche: un horrible bloc de béton style HLM dans ce décor de rêve... Quel dommage...

Mals à l'aise nous descendons explorer les lieux.

La plage est belle, la mer un peu démontée, mais je n'arrive pas à m'extasier devant des centaines de transats en plastique gisant en vrac au bord de l'eau. Je suis -vraiment- dépitée.

Le repas de midi? Dans un immense réfectoire genre cantine de cafétéria.

Attention, le personnel est adorable, vraiment très souriant et attentionné.

C'est avec les touristes que j'ai un problème: ça se bouscule, ça râle parce que ceci ou cela est manquant, ça se sert des mégas portions et ça sort de table laissant une assiette à moitié pleine...

 

Et puis au bar ça demande à remplir sa thermos de whisky, rhum ou gin...ça va s'avachir sur un transat avec le breuvage.

ça pisse contre la haie de la piscine en plein jour et devant tout le monde, tellement c'est imbibé, alors que les toilettes sont à 5 mètres!!!!

 

ça consomme à outrance, ça profite, ça gaspille, c'est juste répugnant.

Stef me demande si on ne ferait pas mieux de quitter l'île et de chercher une casa entre Santa Clara et La Havane. Je me tâte.

Allons dîner, puis voir ce qu'ils proposent comme spectacle et laissons la nuit porter conseil.

Nous aviserons demain.

C'est avec le chant mélodieux de cet oiseau que nous nous réveillons le lendemain matin.

Il nous a été dit qu'il s'appelait sin-sin et qu'il était capable d'imiter tous les autres oiseaux.

Après le petit déjeuner nous décidons de prendre la voiture et de nous rendre au bout de l'île, là où il resterait encore quelques kilomètres de plage non bétonnée selon le petit futé (ce que contredit le voyagiste (ou devrais je dire l'excursionniste?) à la reception de l'hôtel)

Pour en avoir le cœur net, vamos voir nous mêmes.

Au bout du pedraplen, après le pont N°46 on trouve une petite cabane avec un garde.

Ce dernier nous explique qu'il y a là un sentier découverte avec un refuge à faune où l'on peut voir lézards, serpents (non venimeux), oiseaux et tortues.

Le passage est payant, 4 CUC, le site protégé, la voiture à l'ombre et surveillée

et nous n'avons rien d'autre à faire...

Nous nous engageons donc dans la forêt sèche, seuls avec de gros espoirs de pouvoir observer un maximum d'espèces. 

Nous verrons des lézards et des oiseaux peu farouches, reconnaitrons l'arbre touriste à son écorce rouge qui pèle, verrons une termitière, mais malgré les souches grattées et les pierres retournées, pas un seul serpent....Ni tortue.

Et puis nous débouchons sur une mangrove, empruntons le ponton comme des aventuriers du dimanche et...

et juste waow....

En effet aucun bâtiment ne vient défigurer le paysage. Pas de micro tonitruant de la musique pour l'aquagym, pas de bar all inclusive avec ses gobelets en plastiques, pas de thermos remplies de rhum, pas de.... mais je m'emballe!!

Qui a dit un jour que ce qui l'insupportait le plus c'était l'humain?

La couleur de l'eau est juste inouïe et nous sommes quasi seuls.

Mais également sans eau...

Si nous avions su.... Bah profitons un peu de ce coin magique et de cette quiétude comme des Robinsons...

...avant de retourner à la civilisation (civilisation dites-vous?), de dîner tranquillement et de terminer la soirée en musique et en beauté en compagnie d'un Iranien et de son fils, forts sympathiques.

 

Et nous voilà déjà repartis pour La Havane bouclant la boucle.